Racisme, lutte des classes et Arizona

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Par Miguel Schelck, animateur aux Jeunes FGTB Bruxelles

La Belgique est loin d’en avoir fini avec le racisme. Les personnes d’origine étrangère ou perçues comme telles ont plus difficilement accès à l’emploi, au logement, sont moins bien prises en charge lors de visites médicales, mais sont surcontrôlées par la police et plus sévèrement punies par la justice.

A ce racisme s’ajoute la montée des formations réactionnaires et d’extrême droite et l’infusion de ces idées dans le reste du champ politique. Les partis politiques traditionnels reprennent les thématiques et discours de l’extrême-droite. On pense aux propos racistes du président de Vooruit et à la position de ce parti sur l’immigration, mais aussi aux propos de cadres du MR ou encore aux concessions accordées par Ecolo et le PS sur Frontex lors de la dernière législature. 

Alors que la situation exigerait un plan de lutte contre le racisme ambitieux, nos gouvernements ont régulièrement défendu des mesures que l’on pourrait qualifier d’extrême-droite. Cela s’est accentué avec l’Arizona dont le projet est de démanteler progressivement les droits fondamentaux et dont le programme va plus loin que le plan en 70 points du Vlaams Belang qui, en son temps, avait été condamné pour son racisme. 

En effet, l’Arizona a commencé la bataille contre l’asile et la migration : plus de centres fermés, moins de centres d’accueil, durcissement des conditions du regroupement familial, criminalisation des migrant·es et de celleux qui les accueillent, etc. Sur fond de racisme et d’exclusion, le gouvernement espère nous diviser pour mieux régner. Ainsi, plutôt que de promouvoir l’emploi, l’Arizona veut faire des migrant·es des pays défavorisés à l’échelle du monde et des  “sans-papiers” des citoyens de seconde zone. En plus de libérer le racisme, ces politiques impactent l’ensemble des travailleurs via un nivellement par le bas qui permet l’abaissement des salaires et des conditions de travail. Ce que nous acceptons pour une partie des travailleurs risque un jour de se répercuter sur le reste de ceux-ci.

En parallèle, la politique de casse sociale de l’Arizona accroît les inégalités sociales et touche particulièrement les femmes, les migrant·es des pays de la périphérie et semi-périphérie, etc.En effet, le malus-pension, la réforme des primes de nuit, l’exclusion des travailleurs sans emploi du chômage, l’intérim à durée indéterminée, etc. vont toucher en première ligne les franges les plus précarisées de la classe travailleuse : Ceux qui ont dû travailler sans papiers pendant un certain temps, celles qui ont dû s’occuper d’enfants, ceux qui n’ont pas trouvé de travail car étranger ou perçu comme tel, etc. 

Le gouvernement de L’Arizona est donc un gouvernement de classe, mais aussi un gouvernement véhiculant une idéologie sexiste et raciste pour nous diviser, nous opposer et nous affaiblir. Mais le mouvement social est fort et c’est dans la lutte que la solidarité grandit. Lorsque nous luttons côte à côte, nous prenons conscience que nous avons plus en commun que ce que prétendent ceux qui tentent de nous diviser. C’est pourquoi, à l’appel des syndicats et de la société civile, nous serons dans la rue pour les prochaines actions contre le gouvernement Arizona, mais également le 8 mars pour la grève féministe et le 21 mars pour la journée de lutte contre le racisme. 

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