La grève des enseignant·e·s de 1996 : souvenirs, bilan et perspectives

Temps de lecture : 11 minutes

Yves Herlemont – Militant syndical, enseignant à la retraite, ancien président et secrétaire de la CGSP-enseignement du Centre.

J’ai participé activement à la grève des enseignant-e-s francophones de 1996 en tant que délégué d’école mais aussi en coordonnant, pendant toute la durée du conflit, un collectif réunissant, une fois par semaine (parfois plus), des représentant-e-s des écoles secondaires libres comme officielles de la région du Centre[1], syndiqué-e-s FGTB [CGSP-Enseignement, SEL/SETCA], CSC [CEMNL et CCPET], CGSLB [APPEL et SLFP] comme non syndiqué-e-s. Ces collectifs (groupes informels régionaux), non reconnus officiellement par les organisations syndicales, s’étaient formés spontanément lors des grèves des années 80 et celles du printemps et de l’automne 90 pour diriger et planifier efficacement le mouvement social de contestation dans la durée. C’est donc assez facilement qu’ils se reconstituèrent en 1996[2].

À l’époque, militant syndical depuis une vingtaine d’années, j’avais été mandaté par le comité exécutif de la CGSP-Enseignement du Centre pour coordonner le collectif régional de manière à en assurer le bon fonctionnement et d’en éviter les éventuelles dérives corporatistes qui auraient pu altérer nos revendications pour l’enseignement en particulier, pour la société en général. Je jouais ainsi le rôle d’interface entre le collectif et mon organisation syndicale.

La grève de 1996 fut remarquable à plus d’un titre. Je vais tenter de l’analyser avec le recul que procure le temps passé.

Elle fut exceptionnelle, à mes yeux, pour cinq raisons : par sa longueur et son organisation, par ses revendications, parce qu’elle marqua un tournant dans l’histoire de l’enseignement francophone belge, parce qu’aussi, elle constitua un moment historique de rupture entre la CGSP et le parti socialiste, parce qu’enfin, elle fut le révélateur du hiatus qui se creuse inévitablement entre direction et base syndicales lors de tout mouvement social de grande envergure.

Je vous propose, dans le cadre de cette analyse, de détailler chacun de ces points. La grève de 96 fut remarquable…

Par sa longueur et son organisation

Le mouvement social dura trois mois, de la deuxième moitié du mois de février à la mi-mai 96. Le rôle des collectifs y fut essentiel. Ils favorisaient l’indépendance des grévistes par rapport aux directions syndicales mises sous pression par les autorités politiques. Ils évacuaient également les vieilles rivalités concurrentielles entre les réseaux libre et officiel. Il fallait présenter un front uni à la mesure des économies qui s’abattaient sur les écoles.

Une des tâches principales des collectifs était d’organiser les piquets croisés entre établissements libres et officiels qui permettaient aux enseignant-e-s des deux réseaux de ne se déclarer en grève qu’un jour ou deux par semaine, étant empêché-e-s de travailler les autres jours. Les profs échappaient ainsi à des retenues sur salaire trop élevées qui auraient rendu impossible la continuation du mouvement. De plus, il fallait organiser les manifestations hebdomadaires qui réunissaient parfois plus de 40.000 enseignant-e-s dans les rues de Bruxelles et de plusieurs villes de Wallonie.

Enfin, après plusieurs semaines de grève, les collectifs prirent des mesures pour que des rencontres régulières aient lieu avec les parents au sein des établissements scolaires. Des contacts périodiques entre professeur-e-s et élèves furent planifiés pour entretenir les matières vues et, concernant les élèves de dernière année du secondaire, pour préparer leur passage à l’enseignement supérieur. Cependant, si des garderies étaient organisées, les cours normaux n’étaient plus donnés.

La durée de la grève s’expliquait par l’âpreté idéologique manifestée par la Ministre de l’enseignement, Laurette Onkelinx, pour imposer un plan drastique d’austérité à l’école secondaire, plan qui s’ajoutait à une série d’autres qui frappait l’enseignement depuis 20 ans. Tout ceci, dans une dynamique d’accélération depuis le transfert de l’enseignement de l’État fédéral à la Communauté française en 1989. Pour faire court, en plus des mesures de rationalisation alourdissant les conditions de travail, les restrictions salariales, c’est plus de 6000 emplois qui étaient supprimés en sept années ![3]

Par ses revendications

Dès le départ du mouvement, les organisations syndicales insistèrent sur les dégâts qu’allaient entraîner les économies budgétaires sur la qualité de l’enseignement (classes surpeuplées, indisponibilité des profs, limitation des options, fatalisme devant l’échec scolaire, etc.). Cette grève était l’affaire de tou-te-s d’autant plus que les autres services publics souffraient également de l’austérité impactant l’ensemble de la population. Il y avait pourtant des alternatives à la doxa libérale de désengagement financier des pouvoirs publics.

Pour éviter un bain de sang social, la Communauté française aurait pu contracter un emprunt exceptionnel, garanti par les régions wallonne et bruxelloise. Sur le plan fédéral, la dotation des entités communautaires aurait pu être augmentée, sachant que deux pour cent des Belges (les plus riches) possédaient un patrimoine financier plus ou moins égal à la dette nationale. Une taxe, même minime, sur les transactions financières aurait pu être prélevée comme le préconisaient plusieurs économistes signataires de L’appel des six-cents. La progressivité de l’impôt aurait pu être appliquée sur tous les revenus financiers comme ils l’étaient sur les revenus du travail. Une lutte plus efficace contre la fraude fiscale aurait pu, fort opportunément, renflouer les caisses de l’État. Tout ceci était d’autant plus envisageable qu’à l’époque, le parti socialiste, en coalition avec la famille social-chrétienne, était aux commandes à tous les niveaux de pouvoir. Il n’en fut rien, la Ministre Onkelinx ainsi que  tous les ténors du parti socialiste n’en démordaient pas : il fallait sabrer dans les dépenses publiques, en parfaits émules de l’ancienne première Ministre britannique, Margareth Thatcher…

Aujourd’hui, ces revendications syndicales nous paraissent hélas bien familières. À l’époque, elles s’exprimaient aussi clairement pour la première fois !

Parce qu’elle marqua un tournant dans l’histoire de l’enseignement francophone belge

La grève de 96 constitua un moment charnière dans l’histoire de l’enseignement francophone. Pour bien le comprendre, il est nécessaire de procéder à un bond de 25 ans en arrière quand, au début des années 70, sous l’impulsion du Ministre socialiste Abel Dubois, un vaste chantier de rénovation de l’enseignement secondaire fut entrepris. Le gouvernement belge de l’époque mit le paquet financier en créant des milliers d’emplois de professeur-e-s.

Les responsables politiques d’alors avaient eu la sagesse de prévoir les conséquences des profondes mutations économiques et sociologiques qui allaient intervenir dès le milieu des années 70 et que l’on allait nommer sous le terme générique de crise. En fait, c’était la mondialisation de l’économie capitaliste qui s’amorçait, accompagnée du début des innovations technico-numériques. La conjonction et l’interdépendance des deux phénomènes allaient mettre un terme au plein emploi et bouleverser l’économie, en général et la nature du marché du travail, en particulier.

Pour revenir au système éducatif, Il fallait trouver une solution à l’obsolescence croissante et inéluctable de l’enseignement secondaire technique de haute qualification, à la massification concomitante de l’enseignement secondaire général, source d’échec scolaire grandissante pour les milieux populaires et au gonflement pléthorique, qui allait en découler, d’une filière professionnelle de relégation, l’obligation scolaire ayant été portée entretemps à 18 ans.

Cette solution fut l’enseignement rénové. Il n’entre pas dans mes propos, dans le cadre de cet article, de revenir sur son contenu ni sur les erreurs commises lors de sa mise en place. Tout ce que je peux dire, c’est qu’à la même époque, en Finlande, un processus semblable fut enclenché et poursuivi, dotant ce pays, au XXIème siècle, de l’enseignement le plus performant et égalitaire d’Europe.

Au lieu de cela, en Belgique puis en Communauté française, les différent-e-s Ministres de l’enseignement qui se sont succédé jusqu’en 1996, qu’ils-elles soient libéraux-ales, socialistes ou sociaux-ales-chrétien-ne-s, allaient instituer un boulier-compteur budgétaire en guise de politique éducative causant des dégâts irréversibles au rénové. Le plan d’économie de Laurette Onkelinx en 96 entraîna la mort définitive de la réforme de 1970…

Mais, selon moi, l’impact de la grève de 96, sa durée, l’émotion qu’elle suscita, les colères qu’elle déclencha eut comme principal effet de changer la donne.

Les responsables politiques changèrent de discours même si, au départ, faute de moyens financiers, il s’agissait plus d’effets d’annonce que de réalisations effectives. On se souviendra, à la rentrée de septembre 96 des 40 propositions de Laurette Onkelinx avec son ridicule Tous bilingues en l’an 2000 ! Cependant, dès 1998, la Communauté française commençait à disposer de ressources pécuniaires supplémentaires, certes modestes. Elle promulgua le Décret Missions qui fixa, en son article 6, l’égalité des résultats plutôt que celle des chances, le Décret sur les discriminations positives puis celui sur le Pilotage, ensuite celui sur l’encadrement différencié au 1er degré du secondaire, etc.

Bien sûr, il s’agissait toujours de colmater les brèches d’un système éducatif défaillant mais l’amélioration de la qualité de l’enseignement commençait, dans les préoccupations politiques, à l’emporter sur toute autre considération.

Dès 2014, les négociations pour un Pacte d’excellence destiné à réduire les inégalités étaient lancées avec tous les acteurs et actrices de l’enseignement. Celui-ci commencera à produire ses effets à la rentrée 2021, en débutant par l’école maternelle, dotée d’un refinancement conséquent. Le Pacte est destiné, année par année, à s’étendre à l’enseignement fondamental d’abord puis à l’enseignement secondaire. Il comporte, comme avancée principale, l’instauration d’un Tronc commun polytechnique jusqu’à 15 ans destiné à remplacer la filière générale de l’enseignement. La CGSP, suivie par le SEL et enfin la FGTB toute entière, porte cette revendication depuis 1982 !

Si ce projet est mené à bien avec un financement adéquat, il s’agira d’une véritable refondation de notre enseignement ! J’aime à croire que ce Pacte est le petit-enfant de la longue grève que nous avons menée en 1996[4], dans la frustration, l’indignation et l’incompréhension…

Parce qu’elle constitua un moment historique de rupture entre la CGSP et le parti socialiste

Les organisations syndicales ont besoin de relais politiques pour concrétiser leurs revendications en textes législatifs. L’histoire sociale de la Belgique a créé des liens puissants entre Parti Socialiste, FGTB et mutualités socialistes, réunis sous le vocale d’action commune. On peut dire que les grèves de 1996 ont fait voler en éclat cette belle alliance. Déjà, dans les années 80, sous les gouvernements Martens-Gol, la FGTB reprochait amèrement à la direction du PS, pourtant dans l’opposition, de rester au balcon, alors que des grèves et des manifestations monstres s’organisaient dans tout le pays contre les mesures de Val Duchesse diminuant drastiquement les dépenses publiques, rabotant les salaires, réduisant le financement de la sécurité sociale, démantelant les services publics.

Déjà victimes de suppressions d’emplois (environ 15.000), les enseignant-e-s étaient nombreux-ses dans les grèves et manifestations interprofessionnelles. Dans les milieux syndicaux, on pressentait déjà que, sous la présidence de Guy Spitaels (1981-1992), le Parti Socialiste, sous prétexte de pragmatisme, virait au libéralisme (social ?). La présidence de Philippe Busquin n’y changea rien.

Sous couvert de socialisme du possible, le parti se convertissait aux thèses du néo- libéralisme le plus agressif, se ralliant de fait, en guise d’idéologie, au célèbre TINA[5] de Margareth Thatcher !

En 1996, Laurette Onkelinx n’eut pas de mots assez durs pour désigner les enseignant-e-s en grève : Tricheurs (à cause des piquets croisés), Menteurs (parce qu’ils et elles prétendaient défendre l’intérêt général), Égoïstes (car à cause d’eux et elles, ce sont les autres travailleurs-euses qui allaient subir encore plus l’austérité). Elle accusa les profs de prendre leurs élèves en otage. Pire, elle exhorta les parents à se retourner contre les enseignant-e-s de leurs enfants. Ce fut sans conséquence heureusement !

Les fêtes du 1er mai furent spectaculaires, les enseignant-e-s organisant la contestation des représentant-e-s du Parti Socialiste dans chaque ville et village[6]. Parfois la confrontation tourna au pugilat. On se souviendra de l’invective proférée par Philippe Moureaux à l’adresse des enseignant-e-s venus le chahuter. Socialo-fascistes leur lança-t-il, furibard !

La rupture était consommée, du moins pour une longue période…

Parce qu’elle fut le révélateur du hiatus qui se creuse inévitablement entre direction et base syndicales lors de tout mouvement social de grande envergure

Jean-Marie Anciaux (CGSP), Régis Dohogne (CSC) et André Lacroix (SEL) furent exemplaires dans le soutien indéfectible qu’ils apportèrent aux revendications des enseignant-e-s. Véritable colosse d’1 mètre 85, la tête rasée, doté d’un parler rocailleux, Borain pur jus, Jean-Marie Anciaux fut surnommé Mister No par les journalistes.

Les syndicalistes disaient non aux propositions gouvernementales d’éponger les pertes d’emplois par des mesures de prépension[7] rémunérées par la Communauté française pour les enseignants de 53, 55 et 58 ans au détriment de l’encadrement des élèves. Autrement dit, les Ministres voulaient financer les profs les plus âgé-e-s pour qu’ils et elles partent en préretraite au mépris de la qualité de l’enseignement. C’était inacceptable pour les enseignant-e-s qui voulaient qu’il y ait moins d’élèves par classe pour mieux se centrer sur les difficultés d’apprentissage. Le dialogue de sourds se prolongea 10 longues semaines.

Cependant, après les sérieux incidents du 1er mai 96, le discours des responsables syndicaux se modifia.

Élu fraichement, en avril 96, président de la régionale du Centre de la CGSP- enseignement, je pus assister aux séances du bureau exécutif élargi à Bruxelles. Jean-Marie Anciaux voulait arrêter la grève, fustigeant les piquets croisés, véritable injure au mouvement ouvrier pour qui faire grève, c’est perdre son salaire (il reprenait par-là, la rhétorique de Laurette Onkelinx). Il dénonça également l’union contre nature des écoles officielles et libres. Enfin, et à ses yeux c’était le plus grave, lui, l’ancien instituteur, il pourfendit une grève qui n’était suivie que par une partie des affilié-e-s, à l’exclusion de celles et ceux du fondamental qui ne s’étaient manifesté-e-s que par de timides mouvements de soutien. On peut imaginer que Régis Dohogne (ancien instituteur aussi) tint le même discours devant ses troupes à la CSC. Les deux compères s’étaient mis d’accord…

Avec le recul, on comprit ce qui s’était passé. Profondément choquée par les terribles événements du 1er mai, la direction du PS octroya une importante concession aux négociateur-trice-s syndicaux-ales : dans les prochaines années serait organisé un rattrapage barémique étalé dans le temps, d’abord des instituteur-trice-s préscolaires sur ceux du primaire et ensuite de ceux du fondamental sur les régent-e-s (enseignement secondaire inférieur). Il s’agissait, bien évidemment, d’une importante avancée syndicale[8] mais qui ne correspondait pas aux revendications des grévistes.

Ceux-ci se remirent au travail en ordre dispersé vers la mi-mai, d’autant plus que la tension avec les parents devenait intenable. Parmi les grévistes, le sentiment d’avoir été défait-e-s prédominait. Les plus âgé-e-s prirent leur prépension, les autres jurèrent que c’était bien la dernière fois qu’on les entraînerait dans un tel mouvement. Le retour à l’école se fit avec beaucoup d’amertume… Le rattrapage barémique se concrétisa, par étape annuelle, entre 1998 et 2003.

Pour ma part, je n’ai jamais regretté un seul instant d’avoir participé activement à cette grève défendant une école plus égalitaire, dans une société plus solidaire.


[1] Les représentants venaient des écoles secondaires de La Louvière, Morlanwelz, Binche, Manage, Braine-le- Comte, Soignies.

[2] En plus de celui du Centre, il y avait un collectif à Liège, Charleroi, Mons, Bruxelles et dans le Brabant wallon.

[3] En plus des 15.000 emplois perdus dans l’enseignement au cours des années 80 sous les gouvernements sociaux-chrétiens-libéraux.

[4] Position que ne partagent pas les Jeunes FGTB, très critiques du Pacte. Choix a été fait de ne pas censurer l’auteur de l’article.

[5] Il n’y a pas d’alternative aux mesures d’austérité, à la disparition progressive des services publics et de la sécurité sociale

[6] Voir en annexe, les circonstances et le déroulement du 1er mai à La Louvière

[7] Appelées disponibilités préalables à la retraite

[8] Pour la CGSP, la fonction d’enseignant-e doit être une fonction unique avec des spécificités selon l’âge des apprenant-e-s, demandant une même formation de longue durée, entraînant un barème semblable pour tous. Voir, en ce sens, les positions de Congrès sur la formation initiale des enseignants.

4 pensées sur “La grève des enseignant·e·s de 1996 : souvenirs, bilan et perspectives

  1. André LACROIX Répondre

    Merci pour cette excellente analyse et ce rappel d’un autre temps.
    Un quart de siècle plus tard, les combats ont changé de nature : bravo aux enseignants et aux syndicalistes d’aujourd’hui confrontés à de nouveaux et redoutables défis.

    • Yves Herlemont Répondre

      Merci Camarade, heureux de vous savoir toujours attentif à l’actualité syndicale

    • Yves Herlemont Répondre

      Merci Camarade ! Je constate avec bonheur que vous suivez toujours l’actualité syndicale. Bien fraternellement.

  2. un enseignant Répondre

    (Presque) jeune enseignant, je lis avec intérêt votre compte rendu personnel des grèves (mythiques) de 1996.

    Je comprends mieux la soumission actuelle des enseignants à toutes les réformes (Pacte d’Excellence en tête, évaluation par unité d’acquis d’apprentissage,…), leur absence totale d’engagement politique, leur frilosité à l’égard de toute forme de contestation globale ou sectorielle.

    Je comprends mieux l’horreur que constituent les centrales syndicales enseignantes (CGSP-enseignement bruxelles) : bureau trusté par des permanents animés uniquement par des intérêts au mieux corporatistes, au pire représentatifs uniquement de la coterie qu’ils constituent, vieilles obsessions ridicules (école libre/officielle/subventionnée) au regard des enjeux contemporains . Bureau qui n’hésite pas à aller à l’encontre des décisions exprimées en AG.

    Merci d’évoquer ces moments historiques désormais clairement révolus.

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